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Que vaut une expérience de travail vécue il y a plus de 10 ans?

Article rédigé par : le 3 août 2016.

Analyse de pourquoi elle est ignorée.

 

Salut! Voici l’une des préoccupations actuelles des chercheurs d’emploi québécois qui, par défaut, devient aussi ma préoccupation : « On ne me pose pas les bonnes questions en entrevue. Pourquoi ne se sont-ils pas intéressés à l’expérience XYZ?! »

Autre version similaire : « Ils sont passés sur la deuxième page de mon CV comme si ce qui s’y trouve n’est pas important! ».

Ou celle-ci : « À quoi ça m’a servit de suivre cette formation pendant 2 ans? Ils n’ont même pas l’air d’y prêter attention! »

Téléchargez un modèle de CV!

Ou celle-là : « On m’a dit que cette expérience de bénévolat m’ouvrirait des portes, pourtant ça n’ouvre rien du tout! »

Etc.

 

Croire que son parcours professionnel est le fil conducteur de l’entrevue

Oui, votre CV risque d’être un point de départ pour les discussions.

Mais malheureusement le recruteur ne va pas passer dessus complètement dans l’entretien.

Ça veut dire que si vous avez quelque chose à « plugger », vous êtes aussi bien de ne pas attendre que ce soit investigué.

En plus, le recruteur est probablement un peu nerveux. La conséquence de cela, c’est qu’il va survoler vos documents. Inconfortable avec les silences et l’absence de « flow », il ne prendra pas toujours le temps de tout lire en détail devant vous.

Sinon, il voudra suivre d’autres pistes d’investigation bien à lui, qui n’ont aucun rapport avec votre CV. C’est une autre situation typique n’est-ce pas?

Vous ressortez de l’entrevue un peu diminué, car les 30 dernières années de votre vie ont été balayé par un recruteur maladroit en 15 minutes. Ouch

 

L’expérience vécue il y a plus de 10 ans

Ok, alors supposons que vous vouliez parler de pourquoi votre secteur d’activité vous excite. Il y a 20 ans, en 1996. C’était à cause d’une expérience de travail tellement révélatrice, enrichissante, projets porteurs et tout…

10 minutes, 25 minutes, 45 minutes passent dans l’entretien.

– (Damn! Quand est-ce qu’il va me le demander ce satané de recruteur?)

Puis, le moment se présente, l’invitation est subtile, mais l’occasion est néanmoins idéale! Vous vous lancez :

– D’ailleurs c’est drôle que vous me disiez ça, je dois vous conter quelque chose. C’était en 1996…

Bon à ce moment-là, je ne peux pas vraiment prévoir ce que vous allez dire ou comment vous allez le livrer. Mais c’est vraiment bien d’y aller avec une anecdote et de prendre le contrôle de l’entrevue. Vous auriez pu le faire plus tôt, mais je suis quand même fier de vous. Félicitation.

Pour la suite, la valeur d’une expérience réside en grande partie dans sa livraison.

Facile à dire, hein?

 

Des expériences équivalentes à celles du reste du monde? Optez pour la nouveauté.

Pour la livraison, vous et moi avons à devenir de bien meilleurs conteurs, il n’y a pas de doute! Je me souviens de deux de mes articles qui n’ont pas pogné pentoute. J’y relatais des expériences de travail.

L’une date de 11 ans (qui parle justement du jour où j’ai choisi le secteur d’études des ressources humaines). L’autre, une expérience datant de 13 ans :

En entrevue, j’ai pourtant surfé longtemps sur ces deux épisodes. À eux seuls, ils m’ont procuré quelques emplois.

Quand tu veux trouver ton premier emploi en sortant de l’université, c’est vraiment cute de dire que tu as choisi les RH parce que les employés sont le centre de chaque entreprise, et que tu as une histoire d’entrepreneurship à l’appui là-dessus.

Mais là, aujourd’hui, bof, en fait, à moins que tu sois Richard Branson, le monde s’en contre-calisse. Moi aussi, ça m’a fait mal.

Peut-on bêtement conclure que l’insuccès de ces articles est un indicateur que toute bonne histoire a une fin? Ou que les titres n’étaient peut-être pas adéquats? Les images, mal choisies? Les textes, mal rodés? Pas assez relus? Peu importe, j’en ai retenu autre chose : avec le temps, tout le monde aura vécu mon équivalent en matière de petite révélation cute sur la vie à 20 ans. Moi c’était dans un dépanneur et une entreprise de peinture étudiante. Pour un autre, ça aura été dans un garage ou un McDonalds.

Cette histoire, que vous pensiez extraordinaire n’est plus? Ou encore, elle est mal livrée? Elle n’a simplement pas le succès escompté? Changez alors votre angle de communication, penchez pour quelque chose qui s’est passé récemment, qui est plus frais en mémoire. Vous restez dans l’anecdotique, mais vous gagnerez peut-être en authenticité de cette façon :

Ça me fait penser à ce qui m’est arrivé hier. J’étais dans la rue et… (élément déclencheur incroyable)

Saurez-vous vous actualiser? Génial. Pas que vos vieilles histoires n’étaient pas bonnes, mais la société étant ce qu’elle est, le marketing étant ce qu’il est, vous devrez vous adapter. Vous devrez repartir en tournée avec un nouveau show.

P.S. #1 – Michel Barrette, conteur émérite, mélange ses nouvelles histoires à de plus vieilles. 11 spectacles en 30 ans de carrière. Suivez son exemple : un nouveau show à chaque 3-5 ans environ.

P.S. #2 – Je ne crois pas au fameux concept RH de l’expérience équivalente ou, vous savez, quand on dit « à compétences égales ». Ça n’existe tout simplement pas. C’est un terme emprunté de la langue de bois RH et totalement faux. Chaque expérience possède une unicité propre. Je vous ai donné un truc ci-dessus pour vous en sortir en attendant que vous trouviez comment communiquer l’unicité de votre histoire. C’est en se distinguant ainsi que les entreprises et personnes ayant du succès réalisent leur auto-promotion.

 

Sur le CV

On vient de parler de l’entrevue, mais qu’en est-il du CV?

Le mode anecdotique se prête mal au CV. Il peut fonctionner pour la lettre de présentation, mais votre histoire datant d’il y a 20 ans risque d’endormir un peu tout le monde, votre lettre va imploser de mots et vous ne passerez pas à l’histoire.

C’est un rédacteur sans pitié qui vous parle aujourd’hui, mais je l’avoue, je coupe l’expérience de mes clients sur le CV à 10-15 ans passées. Je ne vais quasiment jamais plus loin, sauf pour les formations.

C’est une grosse révélation, en effet. Je suis âgé d’un maigre 30 ans et on pourrait se servir de ces propos pour m’accuser de contribuer à réduire moi-aussi l’expérience des chercheurs d’emploi de 50 ans et plus. Shame on me! Que voulez-vous? J’ai le « delete » facile.

Après quatre ans et demi à tenir un blogue, j’ai appris deux-trois choses sur la communication. Entre autres, je sais qu’on ne surf pas sur une vague qui ne crée plus de remous.

Sur mon propre CV :

  • Mon implication étudiante, l’une des phases de ma vie dans laquelle j’ai été le plus épanouie, elle n’était plus sur mon CV 5 ans après l’avoir utilisée comme tremplin professionnel. J’ai capitalisé en masse là-dessus, mais elle était bien finie, cette époque-là.
  • Ma fabuleuse expérience de 7 mois chez Adecco alors que tous les autres étudiants étaient encore dans la salle de cours? Elle a totalement rapport avec mon occupation actuelle, mais hélas, ça doit faire 2 ou 3 ans maintenant qu’elle n’est plus sur mon CV. Je voulais adresser le problème de mon parcours instable (en vain?)
  • Mon stage chez Ubisoft? Aussi formateur ait-il pu être, prendra la porte de mon CV quand je le mettrai à jour. Encore une fois, assez surfé dessus. En entrevue, je m’en servais pour la question « les projets que vous avez ratés ». Depuis, j’ai raté d’autres projets de façon encore plus grandiose ;)

 

Surqualification. Sous-qualification. Intabilité…

Ce sont les fameuses perceptions du recruteur. Vous ne vous aiderez en rien si vous ne les atténuez pas. Retirez simplement les expériences qui accentuent ce que vous ne voulez pas accentuer et remettez-les au besoin.

Bâtissez votre CV en fonction d’obtenir l’entrevue, et pas pour prévoir les sujets que vous aimeriez voir traité dans l’entrevue (le contenu). Les CV des chercheurs d’emploi déraillent parce qu’ils cherchent à lui donner plusieurs fonctions. Une seule fonction le CV : décrocher l’entrevue. Ce conseil a toujours fait partie du discours des conseillers en emploi et à mon tour, je le reprends.

Puis, mon conseil classique : le CV est un outil marketing, contenant des petites phrases percutantes, faciles à lire, qui tiennent toutes sur une (1) ligne chacune.

 

Le CV, un bilan? Vraiment?

J’ai une quantité phénoménale de secrets sur l’emploi à vous livrer aujourd’hui.

J’ai dit à je-ne-sais-plus-combien de gens qu’un CV n’est pas un bilan professionnel. J’avais tort. Ce que je voulais vraiment dire, c’est que le CV n’est pas un bilan au sens où on l’entend (répertoire de vos expériences passées), il est un bilan qui emprunte la signification comptable du terme, soit une photographie d’où vous en êtes présentement et où vous vous dirigez.

Quand vous aurez compris cela, l’efficacité de vos documents augmentera significativement.

Exprimez une direction. Servez-vous d’une section « Objectif » plutôt que l’éternel « Sommaire » qui commence par « 25 ans d’expérience en représentation ».

 

Éviter l’effet de surqualification

Je vais revenir encore plus en profondeur dans de nouveaux articles de blogue sur comment on se trouve un emploi après 50 ans. Certes j’ai 30 ans. Mais l’essentiel de ma clientèle fait partie de cette tranche d’âge, plus de 50%.

« Matthieu, arrête de nous vendre tes services! »

Je le fais parce que je veux vous dire quelque chose d’important. Quand je rédige un CV pour un jeune finissant de l’université, j’ai de la sueur au front à créer du contenu et à trouver des mots pas trop compromettants pour ce jeune qui ne sait pas faire grand chose ou qui ne sait assurément pas se comporter avec maturité, du moins pas autant qu’il le pense lui (« Discrimination envers les jeunes, décidément Matthieu, tu es hors-la-loi aujourd’hui! »).

Pour un CV senior, mon travail est facile. J’ai l’embarras du choix pour créer la ligne éditoriale voulue.

Moi, dans le verger, qui cueille les pommes encore attachées à l’arbre.

Je remplis le sac, sans qu’il ne déborde.

Je choisis un petit sac.

(Un CV, c’est pareil comme un sac-à-dos de voyage :  avec un sac-à-dos de 40L, vous amenez le nécessaire. Avec un sac-à-dos de 60L, vous amènerez plein d’objets inutiles qui suivront au long du parcours. Ne vous en faites pas, car avec le temps, vous saurez de quels objets il faut vous départir.)

 

Les affichages de postes se limitent, eux-aussi, à 15 ans d’expérience

Je veux couvrir le sujet sur plusieurs angles avant de quitter. Je suis sûr que je vais en échapper pas mal. J’espère vous lire dans les commentaires.

Donc, en terminant, les affichages de postes. Avez-vous remarqué qu’on verra, au maximum :

  • 10 ans et + d’expérience recherchée
  • 15 ans et + d’expérience recherchée

C’est un autre signe que pour réussir sa recherche d’emploi, on n’a pas besoin de se qualifier avec son 20-30-40 ans d’expérience en service à la clientèle. Avec un 20-30-40 ans d’expérience en soudure de métaux lourds sur des structures sous-marines en plein hiver? Ça c’est une autre histoire! ;)

Pour l’instant, je dis aux gens de ne pas en mettre trop : 20 ans d’expérience n’est pas ce qui est demandé. Il ne faut pas toujours croire tout ce qu’on voit dans une offre d’emploi mais s’ils vous donnent un indice, alors bâtissons sur l’information qu’on a. Ils veulent 10-15 ans? Alors donnons-leur 10-15 ans. Pourquoi risquer d’apparaître surqualifié inutilement?

À QUOI ÇA SERT l’expérience de coordonnateur des bénévoles du Festival de St-Tite en 1979?

Désolé d’avoir élevé la voix. Je sais, ce n’est pas de votre faute. On ne le sait pas ce qu’il faut mettre dans un CV. C’est pour ça que j’ai si souvent la question « Est-ce qu’il faut TOUT mettre dans un CV? ». Je pense que vous vous douterez de ma réponse désormais.

 

La tête grise et le sujet de la discrimination positive

C’est drôle, j’attaque des sujets tabous.

Autre grosse révélation : au-delà de l’affichage de poste, il peut arriver qu’une personne de 30-40 ans d’expérience soit expressément requise par un gestionnaire d’embauche. Normal? Absolument. C’est la discrimination positive comme on la connait, c’est-à-dire une volonté de rejoindre des groupes précis, habituellement délaissés (femmes, autochtones, handicapés, 50 ans et plus, etc.). Pas toujours pour les statistiques d’équité en emploi ou l’humanité de la chose. Non. Ça c’est plutôt une considération de RH…

La considération du gestionnaire d’embauche vs. la discrimination positive, elle est liée au rôle. Un représentant de 60 ans pour projeter de l’expérience aux clients, un handicapé sur les médias sociaux, une femme parce que plus sexy… On est loin d’en avoir fini avec la société!!!

Ce qui est drôle, c’est la façon par laquelle ça m’a été demandé parfois : « Donne-moi une tête grise Matthieu, rien d’autre ». Tête grise, ouin, ok…

Il n’y a pas à dire, c’est une formulation empreinte de respect! :) Pourquoi est-ce que cela a sa place ici, sur ce blogue?

Et bien parce que ça aurait été malhonnête de dire qu’il n’y a pas de demande sur le marché pour les gens de 50 ans et plus. Le « comment » c’est demandé, ça, c’est juste un petit bonus de L’Œil du Recruteur. Parce que je sais que vous voulez vraiment savoir comment ça se passe dans le vilain monde corporatif.

Ça serait tout aussi malhonnête de dire que c’est toujours demandé comme cela. Ne montez pas aux barricades dans les commentaires. Je sais que vous avez des histoires CONSTRUCTIVES de réorientation à nous partager. Ce que nos lecteurs veulent savoir de vous, c’est comment vous êtes arrivé à vous positionner ou encore, les apprentissages tirés de vos erreurs.

Donnez-nous vos trucs! C’est toujours très inspirant!!!! Merci à l’avance.

 

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1 Commentaire

  1. Et si tous les recruteurs pourraient être aussi francs comme vous?
    Et si tous les employeurs pourraient être aussi ouvert et direct comme vous (en matière de recrutement)?
    Eh bien, TOUS LES INDIVIDUS (sans aucune distinction d’age, d’expérience de travail de XYZ années, ou autres)capable de travailler, en capacité de bon fonctionnement sur toutes activités de travail génératrices de gain et de bien être de l’individu et de la société, CONTRIBUERONT AU DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES ET SURTOUT A L’INNOVATION DE LA TECHNOLOGIE EN TOUT MOMENT DE L’ÉVOLUTION D’UNE ENTREPRISE,DE LA SOCIÉTÉ, DE LA PERSONNE, DE LA TECHNOLOGIE, DU SAVOIR FAIRE, DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, A TOUS LES NIVEAUX ET SECTEURS DE LA VIE.
    L’homme en devenir perpétuel doit être considéré en bien de ce qu’il possédait AVANT, ce qu’il possède MAINTENANT, et de ce qu’il possédera DEMAIN. En terme de travail et d’emploi, ceci est exactement de même pour toute entreprise (employeur) concernant le PASSE, le PRÉSENT, et l’avenir.
    Bref. Un homme averti de 50 ans ou plus, ou d’expérience de plus de XYZ années qui peut vous COMPRENDRE distinctement dans ce que vous venez d’écrire, peut se mettre à la diapason, et vibrer en résonance avec le marché d’emploi actuel comme un jeune sorti de l’université il y a 3 ans, ou un employé recherché pour un poste d’expérience de 3 à 10ans, et croyez moi, et serait plus efficace encore que ces petits « frères ». Car l’expérience est le père de la sagesse ». Il suffit donc qu’il RAJOUTE du neuf moderne à l’ancien qu’il possède, et il sera la prémisse dans la continuité du SAVOIR FAIRE dans le monde de la connaissance, de l’innovation et de la recherche du meilleur et d’être le meilleur qui est le leitmotive des entreprises , en allant jusqu’à mettre des limites, sur lesquelles vous venez de grandes et très grandes vérité, telle quelle est sur le marché du travail et dans le mode de vie des recruteurs.
    Je vous exhorte à être là pour amener sur le marché du travail, toute personne désireuse de travailler. C’est mon mot spécialement à vous. Bravo pour votre franchise et ouverture d’esprit. Je peux écrire encore mille page dessus, c’est bon ainsi. FÉLICITATION A VOUS.

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