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Salaire d’embauche : chaque dollar compte!

Article rédigé par : le 9 février 2016.

On vous fait une offre que vous ne pouvez pas refuser? Acceptez-la, mais n’oubliez pas de négocier votre salaire d’embauche!

Dollar

 

Les valeurs

Nous vous avons souvent chauffé les oreilles avec l’accomplissement personnel et l’équilibre de vie. De belle valeurs!

Mais aujourd’hui on parle de cash $$$!!!

À votre tour de déstabiliser les recruteurs!

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2 leviers d’enrichissement : les changements de postes et les salaires de départ

Dans l’article « Comment s’enrichir à 25, 35 , 45 et 55 ans » récemment paru sur Les Affaires, un conseil doit être souligné :

« On n’insistera jamais assez : négociez férocement vos conditions salariales. Les changements de poste sont des occasions exceptionnelles d’accroître vos revenus. Si vous êtes habile, cela aura un impact considérable sur votre capacité à épargner le reste de votre vie. N’oubliez pas : toutes les hausses salariales subséquentes seront fondées sur ce que vous aurez réussi à arracher au départ. »    – Daniel Germain

Aujourd’hui, je ne vous inciterai pas à changer d’emploi pour hausser vos revenus, même si c’est une stratégie qui se vaut. Je vais plutôt me concentrer sur le deuxième levier d’enrichissement et vous démontrer comment aller chercher le montant maximum lors de la négociation.

Pourquoi? Les hausses salariales se basent sur votre salaire d’embauche. C’est vrai!!! Et parce qu’avec des hausses annuelles de 2-3-4%, ça vous prendra un temps fou pour récupérer ce que vous auriez pu gagner DÈS LE DÉPART!

 

Né pour un petit pain?

L’expert en finances personnelles, M Daniel Germain, utilise le mot « férocement » et ce dernier est bien choisi. La férocité n’est pas très culturelle au Québec. De nos habitudes politically correct peut-être? On confondra la négociation à la confrontation (voire à l’insulte).

Au plus vite, il faut changer.

À partir de maintenant, gardez en tête que la négociation du salaire est une étape inévitable du processus de recrutement. C’est votre obligation de ne pas vous résigner à accepter le salaire offert et d’aller tâter le terrain sur ce que vous pourrez avoir de plus.

Petit pain

Né pour un petit pain : « attitude de résignation, acceptation de sa condition modeste, fatalité d’un destin sans horizon » (bdlp.org)

 

La pré-qualification à l’entrevue

Lors de l’étape de pré-qualification, le recruteur cherchera à ce que vous vous commettiez sur un chiffre.

De ce fait, vous vous sentirez mal de rouvrir les négociations à la fin du processus, puisque vous vous serez déjà commis au départ.

Vous aurez donc compris la stratégie du recruteur ici.

Sans vouloir lui prêter de mauvaises intentions, il est bien au courant que votre pitch initial en dollar$, parfois maladroit, sera la base des discussions pour le reste du processus et même, scellera l’entente monétaire dès le début. Le rôle d’un recruteur lui exige d’être rusé, un peu comme le marchand du quartier chinois qui vous vend une Rolex!

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Or, malgré les apparences, le recruteur n’est pas mesquin. Comme je le disais en 2012 dans l’article « Dans le processus de sélection, comment doit-on négocier son salaire? », il aborde généralement le sujet du salaire très tôt de façon de ne pas perdre de temps d’un côté comme de l’autre. Les deux parties doivent en venir au fait rapidement quant aux exigences respectives. Il vous offre donc la chance que, vous non plus, vous ne perdiez pas votre temps.

Attention toutefois! Comme nous venons de le voir, il se donnera l’avantage en vous demandant de vous prononcer en premier. À défaut de pouvoir dévier de la question (ex. « Je me conformerai aux échelles salariales » = mauvaise réponse), acceptez cette invitation à danser en ayant une solide stratégie en poche.

Par exemple, répondez suffisamment haut pour établir une bonne base de discussion, mais suffisamment bas pour vous permettre de vous qualifier à l’entrevue. Laissez-vous le confort psychologique de revenir sur ce montant à la toute fin en présentant une échelle plutôt qu’un salaire fixe : « Je pensais à un montant avoisinant les 75 000 à 85 000 dollars par année ». Voilà une réponse qui se tient! (*AJOUT 24/09/2016 : Parfois, j’ai tort. Et c’était bel et bien le cas ici. Allez lire cet article de Nicolas Galita : http://dessinetoiunemploi.com/negocier-son-salaire-en-entretien-sans-utiliser-de-fourchette/)

L’offre d’emploi : utilisez le rapport de force à votre avantage

Dans les plupart des processus d’embauche, on vous parle d’argent au début, lors de la pré-qualification, et à la toute fin, quand vient le temps de vous faire une offre.

Ce sont les deux moments critiques dont vous devez vous souvenir. Entre les deux, vous vendez vos qualifications, tout simplement. Quand vient le temps de parler de salaire, laissez tomber les qualifications. Le produit est déjà vendu (voir l’article « Négociation salariale à l’embauche: closer le deal»).

En effet, si vous avez reçu une offre, c’est qu’on sollicite vos services : on vous veut!!! C’est là-dessus que vous devrez faire reposer votre confiance lors de la négociation du salaire d’embauche.

Ils ne vous le diront pas, mais…

  • Si vous êtes leur premier choix : vous n’avez pas grand-chose à craindre, au pire un « non » et ils vont chercher à vous embaucher quand même en vous relançant sur leur première proposition;
  • Si vous êtes leur deuxième choix : ils ne voudront surement pas recruter leur troisième choix!

Faire une contre-offre et imposer le respect

Ne négligez pas la carte «respectez-moi »!

Le fait d’imposer le respect n’est pas directement le but de l’opération. C’est un moyen.

Si vous approchez la chose dans les règles de l’art, cela augmentera votre valeur à leurs yeux.

Une valeur de 2,000$? 3,000$? Ou plus? Qui sait!

Une ex-directrice RH m’a dit un jour qu’elle n’en revenait pas à quel point les candidats ont la chienne de négocier leurs conditions de travail! Pour elle, c’était une belle façon de commencer sa nouvelle job! La compétence de négociation est présente dans plusieurs emplois, démontrez aux recruteurs qu’ils ont fait le bon choix en vous sélectionnant.

Puis, vous afficherez une belle confiance en vos moyens. Leur faire savoir comment vous vous appelez et combien vous valez? Pourquoi pas!

Mais un danger qui vous guette…

The cockyness! (ou l’arrogance du débutant)

Il y a une mince ligne qui sépare la contre-offre audacieuse de la contre-offre insultante.

Deux causes de l’insulte :

  • Montant exagéré – Prévoyez un montant de relance acceptable;
  • L’approche de la Diva – Prévoyez une bonne dose de modestie dans votre approche!

Diva

 

Risques calculés?

Marcher dans la direction opposée pour que le marchand de Rolex de contrebande vous court après en criant un meilleur prix: est-ce une bonne stratégie? Peut-être que oui, mais…

En négociateur aguerri, vous voudrez aussi vous donnez la possibilité de revenir sur vos pas et d’accepter son prix avec une face piteuse.

Pensez au plan A.

Pensez au plan B (face piteuse).

Ne vous laissez pas impressionner par le document

Une offre d’emploi, c’est de l’excitation. De la peur. Du changement.

Le document impose! Mais n’oubliez pas, il n’est qu’à une petite touche de clavier d’une bonification de 2,000$.

Et pour les recruteurs, ce n’est qu’une petite touche de clavier de vous embaucher et de fermer le dossier « Recrutement d’une adjointe administrative de talent en qui on croît » qui traîne depuis plusieurs semaines.

Leur urgence d’agir pèse lourd dans votre camp. Voici une autre belle carte qui vous confère un pouvoir légitime de négociation.

Parce que la négociation, c’est légitime, ne l’oubliez jamais.

La meilleure carte dans votre manche

carte dans la manche
Vous avez réalisé d’autres entrevues?

Laissez miroiter le fait que vous avez reçu une autre offre et que vous devez y penser (ex. prendre le week-end pour réfléchir).

Puis, vous leur revenez le lundi avec une phrase du genre « L’offre d’une autre compagnie est légèrement supérieure mais je demeure plus intéressé par le rôle chez vous et par les valeurs de votre organisation. Afin de conclure, peut-on s’entendre sur le même montant qu’ils m’ont offert, c’est-à-dire …$? »

Cette offre compétitrice peut être vraie ou fausse. À vous de juger le niveau de risque associé à cette tactique. Pour des considérations éthiques, vous viserez à ce qu’elle soit réelle. L’enjeu de taille, c’est de faire concorder la date de tombée de plusieurs offres en simultanée. Tout juste avant la fin de semaine par exemple!

En tout temps, rappelez-vous :

Une autre bonne chose à savoir

Un recruteur vous laissera toujours supposer qu’il y a une tonne de candidats dans le processus. Cela jouera dans votre tête. Le fait de vous le laisser savoir subtilement représentera un petit boost de son pouvoir de négociation. Une stratégie comme une autre!

Sachez toutefois que ce n’est pas nécessairement vrai. Il n’y a pas plein de candidats en file indienne dans la salle de réception.

Parfois même, vous êtes le seul et unique candidat qualifié qu’il lui reste!

Mais ça, il ne vous le dira pas ;)

Bonne négo!

 

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17 Commentaires

  1. Article intéressant. Toutefois, dans le contexte actuel, le chercheur d’emploi ne semble pas avoir le gros bout du ‘bâton de négociation’. Qu’en pensez-vous?

      • Par contexte actuel, je veux dire un marché qui, de mon point de vue, ne regorge pas d’offres. Économie au ralenti, coupures dans divers secteurs d’activités dont le financement d’organismes communautaires, entreprises qui ont des difficultés à boucler leur budget etc… Il semble y avoir plus de chercheurs d’emploi que de postes à combler. Par conséquent, l’employeur a moins d’incitatif à bonifier son offre… mais peut-être ma perspective est-elle biaisée!?!?

        • Bonjour Julie,

          Je viens juste de remarquer ton adresse courriel, désolé pour le vouvoiement dans ma dernière intervention! J’espère que tu vas bien!?!

          J’étais sur la Côte-Nord l’été dernier et les activités minières et métallurgiques au ralenti contraignaient les travailleurs à abaisser leurs exigences salariales de plusieurs milliers de dollars. Habitués aux conditions des belles années, ceux qui demeuraient inflexibles ne se plaçaient pas. Encore aujourd’hui, la Côte-Nord vit au rythme des grandes alumineries et des investissements chinois.

          Donc oui, le contexte économique a un impact direct sur le pouvoir de négociation à l’embauche.

          Dans la région dans laquelle tu recherches cependant (Laurentides-Lanaudière), peut-on parler d’aussi grandes fluctuations salariales? J’en doute. À moins d’en arriver à un contexte comme la dernière crise espagnole (24% de chômage), la manne d’employeurs y est assez grande. L’emploi, relativement stable.

          Ceci dit, les coupures dans le milieu communautaire se sont belles et bien produites. Une question de perception? Peut-être bien ;)

          Harper est parti, des jours meilleurs sont à venir dans ce secteur…

  2. Merci pour cet article savoureux! Tes textes sont toujours empreints d’une touche d’humour et regorgent de conseils pertinents, pas seulement pour les chercheurs d’emploi, mais aussi pour les jeunes entrepreneurs puisque ça conforte dans les bonnes attitudes à adopter dans les relations avec les clients (on est à la fois chercheurs de contrats, négociateurs et fournisseurs de services).
    C’est un plaisir de te lire!

    • Salut Nancy! J’espère que tu vas bien. Merci beaucoup pour tes bons mots! J’ai vu que tu te lance en affaires? Avec ton talent et ton entregent, je suis sûr que tu vas réussir. N’hésite pas si je peux t’aider pour quoi que ce soit. À+

  3. Merci pour ces astuces. Je me demandais toutefois comment avoir une plus grande augmentation à la fin de l’année si la description de poste a changé en cours d’embauche. Exemple, le titre passe de coordonnateur à directeur. Suis-je dans l’erreur de cumulé les bons coups qui sont fait dans l’année? Et quelques employeurs pour lesquels j’ai travaillé se questionneraient sur ma fidélité si je leur parlait d’une autre offre.

    • Bonjour Maxim, je vous suggère de ne pas attendre la fin de l’année pour adresser cet enjeu avec votre patron. Vous accomplissez ces fonctions de directeur présentement donc votre rémunération doit aller en conséquence. Je doute que vous obteniez un montant rétroactif à la fin de l’année pour ce que vous avez accompli, d’où l’importance de corriger le tir dans l’immédiat.

      « Et quelques employeurs pour lesquels j’ai travaillé se questionneraient sur ma fidélité si je leur parlait d’une autre offre. » : désolé, je ne suis pas certain de bien comprendre ce que vous voulez dire ici.

      • Ce que je veux dire c’est qu’en faisant part d’une autre offre que celle de l’employeur  »A ». Celui-ci aurait eu tendance à se dire que l’employer ne lui serait pas fidèle.

        Est-ce que l’employer que j’engage filera dès qu’une offre supérieur apparaît.

        • Vous êtes en recherche d’emploi : c’est normal de courtiser plusieurs employeurs à la fois et par le fait même, d’accorder un minimum d’importance à vos futures conditions salariales.

          Votre fidélité aura déjà été évalué à cette étape. Pourquoi croyez-vous que les recruteurs accordent autant d’importance à la longévité, à la progression et aux raisons de départs chez vos ex-employeurs en entrevue? ;)

  4. Salut moi je serais comptant de faire partir de votre equipe donner moi tout vos conditions a suivre

  5. DEja fait. et j’ai réussi. ils m’ont relancé 7 fois avant d’accepter mes conditions salariales.

    • Bravo Ben!!! Votre persistance s’est avérée payante! Vous êtes un exemple à suivre pour nos lecteurs. J’aimerais que tout le monde ait votre courage. Bravo encore!

  6. Bonjour,

    j aimerais savoir si les recruteurs vont jusqu à poser la question du salaire que le candidat avait dans son précedent emploi quand ils font les vérifications de références fournies par le candidat.est ce une pratique courante ou pas du tout?

    • Bonjour Julie,

      Je doute que ce soit légal de le demander mais je devrai faire des recherches plus approfondies à ce sujet. Peut-être qu’un de nos lecteurs pourrait nous éclairer?

      Votre question me rend un peu mal à l’aise puisqu’elle sous-entend que vous avez l’intention de gonfler votre salaire précédent… Je me trompe? ;)

      • Bonjour Mr Matthieu !
        Vous allez bien j’espère ? j’ai des soucis au service depuis plus de 3 mois,pouvez vous me guider svp?
        Moi j’étais agent d’exploitation pendant plus de 2 et depuis février 2016 on m’a affecté au commercial en tant qu’agent commercial.J’avais une assistante commerciale qui était ma responsable et qui a fini par démissionner en Août 2016 parce qu’elle ne supportait plus angoisses de la nouvelle directrice qui n’est qu’a son premier poste de directrice sans expérience dans le domaine de la restauration. Actuellement je suis responsable commercial,assistant commercial et agent commercial depuis après la démission de l’assistante commerciale.
        Je m’approche de vous pour avoir des conseils et quels sont les avantages que je pourrai en bénéficier? S’il vous plait je reste à l’écoute. Merci d’avance.

        • Bonjour Sorgho,

          Ça va très bien et j’espère que vous également, malgré l’arrivée de cette Directrice :)

          J’avoue que je ne suis pas certain de comprendre votre question…les avantages dont vous pourriez bénéficier? C’est-à-dire? Vous voudriez prendre la place de la Directrice en question?

          Merci de clarifier,

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