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« Je suis démotivé par mon travail! …Que faire? »

Article rédigé par : le .

Votre emploi n’a plus de sens pour vous? Vous vous sentez démotivé? « Burn-out » est un mot trop fort, il ne s’applique pas à votre état d’esprit? Détrompez-vous, vous n’êtes pas seuls à vivre un « Brown-out »!

 

 

C’était en 2015.

Juliette* vient tout juste d’obtenir un nouvel emploi. La description des tâches ressemble en tous points à son travail actuel, seulement, les tâches sont enrichies : elle aura de nouvelles responsabilités.

La liste des exigences professionnelles correspond tout-à-fait à ses dernières années d’expérience, exemples à l’appui!

 

 

Nouvelle entreprise? Pas de problème!

Nouvel environnement est synonyme d’apprentissage, de défis : c’est l’opportunité de recommencer à zéro et de propulser à carrière à un autre niveau.

Wow!

Juliette flotte sur un nuage, elle est prête à décrocher la lune et à défoncer des portes.

C’est avec fierté et entrain qu’elle rencontre ses nouveaux collègues, qu’elle participe à sa première rencontre, qu’elle intervient, amène des idées innovatrices et tente de s’intégrer à ce nouvel univers.

Au fil des semaines, la professionnelle cumule les demi-sourires, les regards interrogateurs. Elle reçoit des commentaires amers, sans être déplacés. Ses collègues freinent ses ardeurs. Ses discussions font en sorte qu’elle se sent différente, she is not one of the boys.

 

 

Hum, que se passe-t-il?

Alors que Juliette est habitée d’une motivation à briller et à obtenir des mandats stimulants, son patron ne lui assigne pas de projets précis. Elle collectionne les rencontres en binôme, à prendre des notes, à observer. Juliette se connait bien, elle sait qu’elle apprend à la vitesse de l’éclair lorsqu’elle est dans l’action.

À ce moment-là, elle se sent plutôt en suspens.

Ah!

 

 

Ils ne sont pas encore convaincus! Voilà!

Juliette prend donc son développement en main. Elle additionne les formations en ligne, réseaute à l’intérieur de l’organisation, met à jour toute la documentation de l’équipe. Son intégration n’a pas été des plus fluides : voilà une occasion d’en faire davantage!

Elle prend donc l’initiative de créer un processus d’intégration des nouveaux employés pour sa vice-présidence, documente l’organigramme, présente le fruit de son travail aux différents gestionnaires de son unité d’affaires. Elle recherche un « merci », un « bravo ». Un indice qui lui permettra de voir que son travail est reconnu, apprécié.

Rien n’y fait.

 

 

Pourquoi?

À force de ne pas être assignée à un mandat clair, Juliette se tourne les pouces. Les temps inoccupés s’accumulent. Elle s’ennuie. Son sourire permanent cède place à un sentiment d’incompréhension, d’incompétence, de vide.  Juliette cherche un sens à son quotidien. Même sa vie personnelle est affectée : s’est-elle trompée sur toute la ligne? A-t-elle choisi la bonne voie? À quoi ressemblera son avenir?

Juliette est révoltée par ses propres pensées. Bien qu’elle se sente pleinement fonctionnelle, son entourage l’encourage à consulter un médecin.

Ses proches lui disent que c’est évident, elle se rapproche du burn-out.

 

 

Impossible!

« Je ne suis même pas occupée au boulot », se dit-elle.

Influençable et vulnérable, l’inévitable s’imposa de lui-même : elle tombe en arrêt de travail.

Juliette est terrorisée.

« Mais quelles seront les conséquences sur ma carrière? Qu’est-ce que mon patron pensera de moi? Pire, mes collègues? Ça y est. Je dois changer de job. » Ce n’est qu’un échantillon des questions qui traversent l’esprit de la protagoniste chaque jour.

Ce ne sera que plusieurs années plus tard que Juliette comprendra par quel mal elle a été atteinte. On l’appelle le bore-out ou et/ou le brown-out.

 

 

 

Le quoi?

Alors que l’épuisement professionnel, le burn-out, est bien connu et qu’il est sur toutes les lèvres, le bore-out et le brown-out restent méconnus, même s’ils peuvent avoir des conséquences tout aussi graves.

Le phénomène en soi n’est pas nouveau, bien que les travaux à ce sujet soient récents : nous pouvons notamment consulter l’ouvrage The Stupidity Paradox, paru en juin 2016, par André Spicer et Mats Alvesson.

Les effets ressentis par les travailleurs se résument, sans s’y limiter, à de l’épuisement physique et affectif, du désengagement auprès de leur milieu professionnel, à une perte de motivation, une perte du sentiment d’efficacité.

Manon Poirier, la directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec, fait d’ailleurs valoir que :

« Peu importe la génération, les gens cherchent à avoir un travail qui a du sens, à pouvoir se développer, à appliquer leurs compétences. […] Quand on est dans un contexte où on n’a pas de nouveaux défis, on ne peut pas se dépasser, on n’apprend plus, ça crée de la détresse psychologique de la même façon que le burn-out ».

 

 

Et la recherche d’emploi dans tout ça?

Mon premier conseil serait avant tout d’éviter de se précipiter. Sous les effets du brown-out, l’urgence de changer de milieu de professionnel se fait sentir de manière parfois brutale.

Prenez une pause. Prenez votre temps.

Vous avez une chance en or (eh oui!) de réfléchir, vraiment, à vos ambitions et à ce que vous souhaitez réaliser au sein de votre emploi. Quelle est la mission que vous souhaitez accomplir? Quels seraient les défis réellement stimulants pour votre profil?

Est-il temps de retourner aux études pour mieux vous réorienter? Saviez-vous qu’il est possible de compléter un programme court, un certificat, un BAC ou même des études supérieures à distance? Avec les moyens disponibles aujourd’hui, nul besoin de passer plusieurs heures par semaine physiquement sur les bancs d’école, à condition d’avoir l’autodiscipline nécessaire!

Votre employeur offre-t-il un programme d’aide aux employés? Il est probable que ce programme vous propose de passer un test MBTI, entre autres. C’est un test qui vous permet de voir comment vous fonctionnez, ainsi qu’à comprendre et assumer vos choix et préférences : idéal pour la carrière. Le résultat pourrait vous amener plus loin dans votre réflexion et vous inspirer.

 

 

Intéressant?

Je vous propose même une version ludique, quoique crédible et pertinente, de ce type de test. Cliquez ici.

« À l’aide! Mon employeur n’offre pas de programme de soutien pour les employés ».

Il existe une panoplie de solutions : vous pouvez vous référer à des conseillers en orientation de carrière, par exemple. Il y a une poignée de consultants qui offrent ce type de service. Vous pouvez aussi vous tourner vers les services offerts dans les universités, ou même les agences de recrutement.

 

 

Et après?

Si vous n’avez rien appris jusqu’à présent, et que toute l’étendue de vos options a été explorée, que vous êtes réellement prêt à décrocher votre prochain emploi : j’ai encore des pistes pour vous!

L’épreuve à laquelle vous êtes confrontée est remplie d’occasions d’apprentissage et même… de développement des compétences! On serait fou de ne pas les mettre en valeur lors d’un entretien d’embauche!

Sans même vous en rendre compte, vous aurez certainement développé certains éléments qui sont transposables sur le marché de l’emploi, tels que :

  • Une plus grande capacité d’adaptation : vous avez appris à chercher, dans l’adversité, des aspects positifs et des opportunités qui vous orienteront vers une nouvelle perspective de vie.
  • La compassion : nos propres difficultés nous permettent de nous projeter dans celles des autres et favorisent un jugement plus empathique envers nos collègues, nos amis, notre famille.
  • L’innovation « think outside the box »: vous avez appris à trouver des solutions pour accomplir le travail différemment, vous simplifier la vie et développer des réflexes pour optimiser son potentiel.

 

 

N’oubliez pas!

C’est avant tout dans l’action que le sentiment de confiance peut être renouvelé. Donc, avant d’accepter un nouvel emploi sur le coup de l’émotion, faites vos recherches et informez-vous sur :

  • La culture de l’entreprise : la mission et les valeurs qui sont promues au sein de l’employeur que vous convoitez résonnent-elles en vous? Avez-vous une étincelle qui s’allume?
  • La philosophie de gestion de votre futur patron : avez-vous le sentiment que vous pouvez pleinement être vous-mêmes lors de l’entrevue? Dites-vous vos vérités à demi mots ou vous les assumez pleinement? Si vous cachez certains éléments de votre candidature lors de votre entretien d’embauche (comme le fait d’être en arrêt de travail, par exemple!), toutes les chances sont que vous ne pourrez pas faire preuve de transparence dans votre quotidien. C’est un « réfléchissez-y bien ».
  • Vos futurs collègues : connectez-vous avec eux? Avez-vous l’impression de cadrer dans votre nouvelle équipe? Je vous invite à lire l’article de ma collègue Sarah à cet effet.
  • L’ampleur des défis qui vous attendent : acceptez-vous ce nouveau poste par urgence de quitter votre emploi actuel? Comprenez-vous véritablement ce qui est attendu de vous et ce, dès la première année en emploi? S’il y a des zones grises, osez poser des questions. Votre curiosité démontrera votre intérêt.

Dans le doute : demandez conseil!

 

 

Et Juliette, dans tout ça?

 

Ah, la beauté de l’histoire!

Juliette est retournée au travail, armée jusqu’aux dents d’un plan d’action. La réorientation de carrière s’imposait d’elle-même, alors Juliette est retournée à l’Université. D’ailleurs, elle est toujours au certificat aujourd’hui, ayant choisi de le compléter à distance.

Le fait de compléter ses études à l’intérieur d’un échéancier allongé a comporté son lot de bénéfices pour elle : plus de temps à consacrer à ses activités personnelles et ainsi… se sentir moins stressée par l’accumulation des différentes sphères de sa vie : travail, famille, études, vie amoureuse, amitiés, voyages, sport, nutrition, et j’en passe!

Après plus de douze mois de travail continu et après avoir essuyé des dizaines et des dizaines de refus suite à des entrevues de sélection, Juliette a réussi à obtenir le poste tant convoité et ce, au sein de la même entreprise où elle a vécu une expérience moins positive. La professionnelle s’est reconnue dans la mission et les valeurs de l’organisation, ainsi, elle a pris le temps nécessaire pour atteindre ses objectifs, sans tout sacrifier. Aujourd’hui, elle ne regrette rien de son parcours, au contraire : cette épreuve lui a permis de mieux se connaître et d’exploiter son potentiel.

 

 

*Par souci de confidentialité, le nom du protagoniste a été changé.

 

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