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Quand le poste exige des déplacements fréquents

Article rédigé par : le 11 février 2020.

Voyager dans ton prochain emploi, une opportunité en or? Ou un sérieux inconvénient? Voici comment traiter de ce sujet avec l’employeur.

L'emploi implique de se déplacer?

 

Une offre d’emploi mentionnant que tu devras voyager à l’international ou te déplacer fréquemment au Québec/Canada peut causer un fort stress.

Le poste t’intéresse beaucoup, mais tu te demandes :

  • À quel point c’est important pour eux? Est-ce négociable?
  • Quelles sont les implications exactes du voyagement?
  • Dois-tu postuler quand même?
  • Est-ce qu’ils pourront t’accommoder pour que tu continues de prendre soin de tes enfants et de ta vie conjugale?
  • Dois-tu aborder cet aspect dans ta candidature? Au téléphone? Dans l’entretien d’embauche? Lors du dépôt officiel de l’offre?

 

Voilà un tas de questions que je couvrirai dans cet article, et bien plus encore!

 

 

 

Pour l’employeur aussi

Ta disponibilité et ton engouement pour effectuer ces déplacements fréquents sont des considérations tout aussi importantes pour l’employeur, sans quoi il n’en aurait pas fait mention dans les exigences liées au poste.

Mais à quel point?

 

 

Y a-t-il un pourcentage indiqué?

Notre premier indice…

Le voyagement dans le cadre du poste sera généralement exprimé en pourcentage sur le descriptif de poste.

Font-ils mention de 10% seulement? Ou de 20%? 25%? 30%? 50%?

 

En déplacement 10% du temps, qu'est-ce que ça veut dire?

En déplacement 10% du temps, qu’est-ce que ça veut dire?

 

En déplacement environ 20% du temps, mais encore...?

En déplacement environ 20% du temps, mais encore…?

 

 

Ce dernier n’est peut-être pas suffisamment détaillé pour te permettre de prendre une décision éclairée.

Je te comprends.

On demeure dans l’ombre pour l’instant…

 

 

Que signifie ce pourcentage?

Prenons par exemple, 20% et 25%

Il te faudra éventuellement en valider les modalités :

  • Parlent-ils d’une nuit par semaine à l’extérieur ou d’une semaine par mois?
  • Lors d’une semaine à l’extérieur, cela implique-t-il de partir le dimanche soir? Ou le lundi matin?
  • Dois-tu prendre le premier vol à 6h30? Ou sont-ils à l’aise à ce que tu embarques dans celui de 9h30?
  • Et le retour à la maison? Parle-t-on de 17h00? De 21h00? De minuit?
  • Toutes les semaines de l’année (ou fins de semaine)? Seulement quelques-unes?

 

Ces aspects auront un impact énorme sur ta vie familiale. Sans compter ton humeur!

Partir de la maison à 4h00 du matin, ce n’est pas fait pour tout le monde.

C’est pourquoi toute les modalités devront éventuellement être abordées. Mais quand?

 

 

 

Faut-il les appeler pour en savoir plus?

Non.

« N’était-ce pas une économie de temps de le savoir le plus tôt possible? », te demandes-tu.

Excellente question.

Rappelle-toi qu’ils ne te diront pas aussi tôt dans le processus jusqu’à quel point ce pourcentage est négociable.

Le service des ressources humaines pourrait te le présenter comme étant indiscutable, alors que ce sera un point tout-à-fait discutable auprès du gestionnaire.

Tu seras alors passé à côté d’un poste qui était parfait pour toi. Dommage!

Donc, sois plus patient.

Tu ne t’es pas encore qualifié sur papier ni démontré tes compétences en personne. Ton pouvoir de négociation est nul.

Si tu n’es pas freiné par le pourcentage en tant que tel…

Et que tu te poses simplement des questions sur sa répartition…

Postule quand même et conserve ce point de discussion pour plus tard.

Ton objectif est présentement d’obtenir l’entrevue.

 

 

Sois honnête

Si tu sais déjà que l’idée de ne pas dormir dans ton lit le soir te cause de l’angoisse, un profond dégoût…

Cela n’aura pas changé dans quelques semaines d’ici!

En poste, tu te retrouveras alors dans une situation misérable.

Épargne-toi du temps et du stress : ne va pas plus loin.

Je suis convaincu que tu repèreras bien d’autres postes intéressants qui n’exigeront pas de faire de tels compromis.

 

 

Tous les postes contiennent des déplacements

Ce ne sera pas digne de mention sur l’offre d’emploi…

Attends-toi cependant à ce que tous les postes contiennent des déplacements à l’occasion auxquels tu devras te soumettre.

Par exemple, une formation à l’extérieur des locaux de l’entreprise ou une retraite annuelle pour les cadres.

 

 

 

À l’entrevue d’embauche

Tu récolteras d’autres indices importants…

S’ils te questionnent au sujet des déplacements fréquents, c’est que cela comporte un minimum d’importance.

Ils ne te questionnent pas là-dessus? Peu important.

Ce n’est pas à toi de lancer le sujet.

Es-tu surpris?

L’explication derrière cette stratégie étonnante réside dans le fait que les questionner peut semer un doute dans leur esprit.

La question pourrait sous-entendre que c’est un problème pour toi, alors que ce n’en est pas un.

Tu as posé ta candidature malgré cet élément. Ça ne veut pas dire que tu as donné ton accord…

Mais cela comporte une part d’implicite, c’est-à-dire que tu en es conscient et prêt à en discuter.

Je sais…

Tu veux en savoir plus sur les conditions exactes entourant ce voyagement le plus tôt possible.

Encore ici, sois patient.

Ne prends pas le risque d’être rejeté du processus alors que le voyagement représente une considération minimale à leurs yeux.

 

 

Aimer le voyage vs. tolérer le voyage

Dire que tu es disponible pour voyager, c’est une chose.

Mais révéler que cela te rend enthousiaste, c’est l’autre niveau.

Tu seras plus convaincant lors de ta négociation en disant que tu adores le fait que cet emploi te fera découvrir de nouveaux horizons, plutôt que d’indiquer simplement que tu peux vivre avec le voyagement.

Ainsi, profites-en pour gagner des points facilement encaissables!

 

 

 

« Avez-vous des questions pour nous? »

La question finale de l’entretien d’embauche « Avez-vous des questions pour nous? » ne représente pas non plus l’ouverture que tu recherches pour aborder les déplacements fréquents.

Elle n’est jamais indiquée pour traiter du salaire, des avantages sociaux et des conditions de travail.

Tu perdras l’occasion de poser des questions pertinentes quant aux défis, aux stratégies, à la vision et à l’équipe.

 

 

Le moment idéal

Bon OK, j’arrête de tourner autour du pot. Quel est le moment idéal pour poser tes questions?

C’est quand ils déposent l’offre.

Pas avant.

Tu veux t’offrir du contrôle.

Ils ne pourront pas reculer, mais toi oui.

Tu auras dès lors l’immense privilège de négocier tes conditions.

 

 

Compensations et accommodements

Il est normal d’avoir des restrictions et de poser ses conditions.

Mais bien sûr, évite d’afficher une attitude trop catégorique.

Ouvre-toi à la discussion.

Quoi négocier au juste?

Le dépôt de l’offre te permettra de traiter de compensations supplémentaires pour tes déplacements.

Par exemple, tu pourras réclamer une prime d’éloignement ou un per diem.

Tu pourras également leur demander s’il est possible de prendre l’avion vers Toronto qui décolle une heure plus tard, car tu dois déposer tes enfants à la garderie et celle-ci n’ouvre pas avant 7h00.

Tu auras la chance de leur parler de la personne à charge qui nécessite ta présence la fin de semaine.

N’aborde pas tes considérations personnelles pendant l’entrevue. Ce médium sert à démontrer tes compétences, à prouver que tu mérites le dépôt d’une offre.

Tu parleras de ta volonté de compensation supplémentaire et d’accommodements le moment venu, soit quand tu es bel et bien…voulu!

Ils ont choisi le meilleur candidat, pas le candidat parfait. Ce dernier n’existe pas.

Garde en tête que les autres candidats, tes compétiteurs, viennent aussi avec une part de volontés. Tu n’es pas seul à exiger des concessions. Assume-les.

 

 

 

Le package vs. un seul élément

Tu prends une décision sur l’ensemble de l’offre, pas juste un élément.

Parfois, on est prêt à faire des concessions majeures pour un emploi qu’on veut vraiment, ainsi que pour obtenir des conditions avantageuses qui…

Supplanteront les désavantages liés au voyagement!

Les déplacements fréquents sont-ils le seul élément à considérer?

Sans égard pour le reste de l’offre?

C’est bien ce que je croyais!

Démontre-leur toute l’étendue de ta perspective en citant les éléments qui te plaisent

 

 

Pas des questions juste sur le voyage!

Même si l’aspect du voyage est ta considération principale après le dépôt de l’offre, ne le fais pas apparaître comme tel.

Pose un nombre de questions équilibré.

Je te suggère d’inclure des questions sur les autres conditions de travail, celles qui concernent d’autres éléments que les voyages.

L’idée, c’est d’étaler ton intérêt, à ne pas le faire paraître comme unidimensionnel.

Autrement dit, ta vente se poursuit.

Sois intelligent avec les questions choisies.

 

 

 

Tu as le droit de changer d’idée

Tu as postulé, tu t’es rendu en entrevue et donc, communiqué implicitement que tu étais conscient des déplacements fréquents.

Malgré cela, tu n’es pas tenu d’aller plus loin si les conditions entourant les voyages te désenchantent.

Recevoir une offre, c’est flatteur.

Néanmoins, tu dois faire preuve d’intégrité et ne pas sous-estimer les impacts de ces déplacements sur ta vie.

Refuser une offre avant qu’il ne soit trop tard, c’est pro…

Il sera difficile de conserver ton professionnalisme en démissionnant dans quelques semaines. Tu pourrais endommager ta réputation dans le milieu.

 

 

« Doivent-ils préciser les conditions du voyagement dans le contrat? »

Idéalement, oui.

Lorsque c’est précisé à l’écrit, cela devient une munition additionnelle dans l’éventualité future d’une modification substantielle de tes conditions de travail.

Quelles précisions?

Pense à la répartition du pourcentage, au moment exact du départ à l’extérieur, à l’heure du retour et à tout autre accommodement.

 

 

 

Modification substantielle des conditions de travail (quand mon boss me demande soudainement d’aller sur la route)

Déjà à l’emploi? Ton patron t’exige de voyager du jour au lendemain? Sans avertissement préalable?

C’est malheureux. Je comprends ton désarroi.

Disons qu’il s’agit d’une autre histoire : il serait difficile de couvrir sous tous ses angles dans le cadre de cet article.

Je te conseille d’évaluer si…

  • Cet emploi vaut la peine de t’y acharner?
  • Le voyage présente des occasions de te faire voir ailleurs dans l’entreprise et auprès de ses clients?
  • Quitter est la seule solution? Tu as adressé adéquatement la situation avec ton superviseur?
  • Des recours légaux doivent être envisagés pour congédiement déguisé?

 

Le cas échéant, tu devras possiblement consulter un avocat en droit du travail.

 

 

Conclusion

Ne te discrimine pas (t’auto-éliminer)…

À moins de savoir d’entrée de jeu que le voyage, ce n’est vraiment pas fait pour toi.

S’il y a une possibilité que tu prennes l’emploi, pose ta candidature.

Ensuite, affiche une patience inébranlable.

Attends le bon moment pour aborder toutes tes questions à propos des déplacements.

Le bon moment est lorsque tu reçois l’offre officielle.

Tu jouiras d’un pouvoir de négociation accru….

La phrase « Pas de problème, on va retirer ce point de l’offre!» est utilisée plus souvent que tu ne t’imagines.

Si tu es voulu, tu seras étonné de constater jusqu’où ils peuvent aller pour signer! 😉

 

 

 

Source

Article inspiré en partie par le balado « Answering Questions About Travel In Interviews » de Managers Tools.

 

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